FAIT DIVERS EN RECIDIVE.
Je réagis à l’article d’un ami blogueur et à l’un
des commentaires qui en a suivi.
L’ami, à juste titre, s’insurgeait du fait qu’un
violeur, et désormais tueur potentiel, ait pu récidiver sur la
personne d’une joggeuse, après avoir purgé la moitié de sa
peine, alors condamné pour la séquestration et le viol d’une
adolescente en 2002.
A la colère légitime s’ajoutait cependant un commentaire que
je juge dérangeant, puisque nostalgique de la peine de mort, qui
coûterait moins cher et couperait court à ces récidives.
Je souhaiterais d’abord préciser que l’abrogation de la
peine de mort fait partis intégrante de notre Constitution. Elle
n’est donc pas à remettre en cause, sous quelque motif que ce
soit, fut-il le plus abject.
La mise à mort est un acte irréversible et controversé. Inutile de
rappeler que, dans les Etats américains où elle fonctionne encore,
les faits divers montrent, d’une part qu ’elle
n’est pas dissuasive, d’autre part, qu’elle
pointe de terribles erreurs judiciaires.
La Démocratie doit se placer au-dessus de l’émotion , même
légitime. Elle doit surtout protéger, prévenir.
Cependant, force est de constater qu’en France, malgré
quelques lois votées en direction de ces crimes sexuels, rien
n’est très opérant…
Les criminels exécutent leur peine et, faute de moyens, sont
relâchés dans la nature aussi, voire même plus dangereux
qu’avant ( Voire également l’état des prisons
françaises).
Qu’on ne jette pas forcément l’anathème sur les psys
qui, de toute façon, perdent tout pouvoir quand on sait que
l’obligation de soins reste encore soumise à l’aval du
condamné, et surtout MALADE.
Petit tour dans « Aujourd’hui en France » du
03/09/09 à l’article « Comment les délinquants sexuels
sont pris en charge », rubrique « A
l’extérieur »:
Le détenu PEUT faire l’objet d’une injonction
de soins ….Le sortant de prison PEUT être
l’objet d’un suivi socio judiciaire SI cette mesure a
été prononcée…..Il PEUT aussi être soumis à une
surveillance …Tout ceci PEUT être assorti de la
pose d’un bracelet….Au terme de sa peine,
S’il est encore considéré comme dangereux, celui-ci
PEUT faire l’objet d’une surveillance de
sûreté…
Bref….avec des « peut » et des
« si », on comprend bien que tout ceci
n’est qu’une question d’argent et que ces suivis
ne sont tout simplement pas budgétisés.
Épilogue de Philippe Carrière: « On ne se donne pas les
moyens de mettre en œuvre le suivi socio judiciaire qui
existe pourtant depuis 1998. Tant qu’il en sera ainsi, cet
empilement législatif n’a aucun sens . »
En attendant que les pouvoirs publics veuillent bien prendre le
problème à bras le corps, quand je fais un jogging seule (
extrêmement rare!), je ne m’éloigne jamais des maisons,
quitte à faire 10 fois la montée de la rue de l’école!
Comme le disait très justement Castaneda, « Quand tu sens un
danger, n’y va pas. »
Je respecte cette règle car c’est malheureusement la seule
que je dois m’imposer pour échapper aux déviances d’une
humanité dont la société « bien élevée »ne peut encore
me protéger, en ce XXIè siècle!
Armichris
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